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En mémoire du père Michel Fortounatto

Le père Michel fils d’émigrés russes, a était professeur en musicologie liturgique de l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge pendant des nombreuses années, spécialiste de chant liturgique et auteur de nombreuses harmonisations dans la tradition de l’école musicale de Moscou. Il a été 45 ans chef de choeur et prêtre à la cathédrale orthodoxe russe à Londres et très proche collaborateur du Métropolite Antoine de Souroge. Revenu dans Archevêché en 2006, il a donné de nombreuses conférences tant dans les différents pays d’Europe occidentale qu’en Russie. Aujourd’hui il continue de se consacrer à l’écriture et à la musicologie liturgique orthodoxe.

L’archiprêtre Michel Fortounatto est né le 19 mai 1931 à Paris dans une famille pieuse d’émigrés russes. La famille Fortounatto a habité à Courbevoie, au Plessis-Robinson puis, à partir de 1940, à Asnières, où se trouvait l’un des plus importants centres spirituels russes de l’époque, la paroisse du Christ-Sauveur. Michel, l’aîné des trois fils de Vsevolod Fortounatto et de son épouse Evguenia, née Tiajelnikova, a grandi dans un environnement qui était celui de l’émigration russe et ne parlait que la langue russe dans sa petite enfance. Dans son enfance, il participait à la vie paroissiale et écoutait attentivement le chant du chœur. Cette expérience de la prière à la maison ainsi que de la prière liturgique, a laissé une empreinte profonde dans l’âme du père Michel et a formé en lui une foi inébranlable dans le sens et la réalité de l’Église, ce qui devait déterminer son destin. À l’âge de 10 ans, il entre dans l’école des Cadets russes à Versailles. Au cours de ces années, ses dons musicaux se manifestent et il suit des cours de musique avec des enseignants particuliers.

La paroisse de la cathédrale du Christ-Sauveur d’Asnières fut fondée en 1932 et connaissait une vie très active. Les frères Fortounatto Micha et Volodia fréquentaient l’école paroissiale du jeudi où en plus du catéchisme on enseignait la langue russe, la littérature, l’histoire, la géographie… et on l’on discutait de questions religieuses et philosophiques. À partir de l’âge de 15 ans, Michel Fortounatto chantait régulièrement dans le chœur et dirigeait un chœur d’enfants pendant les offices.

À l’automne 1951, le père Michel s’inscrit à l’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge à Paris. Les années d’études sur la « Colline Saint Serge » furent déterminantes dans la vie du futur directeur de chœur et prêtre. À l’Institut, il eut l’occasion d’assister aux conférences des meilleurs théologiens russes du XXe siècle : l’évêque Cassien Bezobrazoff, l’archimandrite Cyprien Kern, les pères Nicolas Afanassieff et Basile Zenkovsky, Anton Kartachev et d’autres. Le père Michel se souvient que tout respirait la théologie sur la « Colline », à l’Auditorium, dans la bibliothèque, pendant le repas ou les temps de repos, à l’église. À l’Institut, outre les connaissances théologiques, le père Michel acquit également une expérience unique du chant liturgique quotidien sous la direction de Nicolas Ossorguine. Dans ses souvenirs, il rapporte qu’il n’avait nulle part rencontré une telle pureté d’harmonie et d’intonation avant de connaître l’église Saint Serge. Les chants et les lectures à Saint Serge préservaient les traditions de l’ordo liturgique des séminaires et des monastères de la Russie d’avant la révolution. De cette expérience le père Michael retira la conviction que le chant d’église était inséparable de la vie liturgique et de la théologie, que le chant était la prière et la vie de l’Église.

Après avoir terminé ses études à l’institut de théologie le père Michel accomplit son service militaire, puis, en janvier 1960, il épouse Mariamna Theokritoff, fille de Mikhail Theokritoff, célèbre chef du chœur de la cathédrale russe orthodoxe de Londres. En 1962, avec son épouse, il s’installa en Angleterre à l’invitation de l’évêque (plus tard métropolite) Antoine Bloom. Au début, le père Michel fut l’assistant de son beau-père, puis, à la veille de Noël 1965, il devint son successeur. Mikhail Theokritoff était l’héritier de la tradition du chant moscovite pré-révolutionnaire de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle, désigné souvent comme la « nouvelle orientation » dans le chant liturgique russe. Dans l’exécution de Theokritoff, même des mélodies simples et ordinaires sonnaient avec une finesse et une élégance particulière. L’intonation naturelle acquerrait dans les voix de l’ensemble une dimension dynamique et vivante et frappait par la beauté du timbre choral.

L’épouse du père Michel, une fois installée en en Angleterre, s’inscrivait à la Faculté d’histoire de l’art à Norwich. Peu de temps après, elle commença à consacrer beaucoup de temps à la peinture d’icônes. Déjà pendant son séjour à Paris, elle avait suivi des cours d’iconographie dans l’atelier de Léonide Ouspensky (1902-1987). Ouspensky appréciait beaucoup son travail et, peu de temps avant sa mort, il s’en souvenait d’elle comme l’une de ses étudiantes les plus proches. Au fil du temps, un cercle iconographique se forma auprès de la paroisse de Londres. Mariamna fut invitée à donner des conférences sur la théologie de l’icône dans les meilleures universités du Royaume-Uni. Ainsi, la vie du père Michel et de son épouse pris une orientation consciente vers le service commun de l’Église, principalement à travers l’art liturgique.

Le père Michel Fortounatto fut ordonné prêtre le 28 décembre 1969, jour de la commémoration de saint Étienne, patron du diocèse de Souroge. À partir de ce moment, une grande partie de sa vie fut occupée par son action pastorale et éducative, dont il s’acquittait avec dévouement. En même temps, il continuait à diriger le chœur de la cathédrale de Londres. L’action du métropolite Antoine, qui était déjà un prédicateur bien connu en Europe occidentale à l’époque, visait en grande partie à la mission et au témoignage de la foi orthodoxe parmi les habitants non orthodoxes du pays. Sa personnalité du Seigneur attirait à la cathédrale de nombreux chrétiens orthodoxes et non, dont beaucoup ne connaissaient pas le slavon. Au fil du temps, il était devenu nécessaire d’inclure des parties en langue anglaise dans la célébration des offices. Pour la traduction des textes liturgiques, une commission spéciale fut créée, dans laquelle le père Michel Fortounatto joua un rôle important. Cependant, son principal mérite est l’adaptation des chants traditionnels russes à la langue anglaise, ce qui a contribué à la formation d’une tradition de chant orthodoxe anglaise. Dans ses traductions, il fait preuve d’une connaissance approfondie du chant liturgique, de sa nature mélodique, de ses structures et de ses canons de composition. Tout cela a contribué à l’enracinement rapide de la tradition orthodoxe en Grande-Bretagne.

À partir de 1991, dans la vie du père Michel, commença une nouvelle période, associée à des voyages réguliers en Russie. Il est invité à donner des conférences par des écoles de musique profanes ainsi que par des académies de théologie, des séminaires et des écoles de l’Église orthodoxe Russe pour donner des cours théoriques et pratiques et pour diriger des chœurs pendant les offices religieux. De 1994 à 2004, le père Michel Fortounatto organisa six séminaires sur le chant d’église pour les enseignants des écoles religieuses et les directeurs de chœur à l’Académie de théologie de Moscou. En tant que chef de la Commission sur le chant de l’église au sein du Comité de l’Education du Saint Synode, le père Michel publia également des livres sur l’histoire et la théorie du chant liturgique, ainsi que de la littérature pédagogique et méthodologique. Toutes cette activité éducative, aussi intense que diverse, visait à transmettre aux choristes comme aux enseignants ses connaissances et son expérience et à aider à la cause de la renaissance de la tradition du chant d’église dans la Russie post-soviétique. La contribution de l’archiprêtre Michel au développement du chant liturgique en Russie est inestimable.

En 2005, le père Michael prit sa retraite et déménagea avec son épouse en France où il s’installa définitivement, dans le village de Chargueraud, près du lieu de résidence de ses deux frères cadets Vladimir et André. André fut prêtre à l’église du Christ-Sauveur et de la Dormition à Vichy, à laquelle fut rattaché le père Michel Fortounatto, qui fut intégré dans le clergé de l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale. En 2009, il fut invité à donner des conférences sur le chant liturgique à l’Institut de Théologie Saint-Serge. Ses conférences prirent l’intitulé « musicologie liturgique ». Dans ses cours, recourant à des notions théologiques, le père Michel essayait d’initier les jeunes étudiants à la signification du chant dans la liturgie et dans la vie ecclésiale. Parallèlement, il organisait des cours réguliers et des stages d’été de chant en français. Le père Michel accomplit un énorme travail de traduction des chants liturgique en français, dont une petite partie est déposée sur son site Web : http://www.musique-orthodoxe.com/

En 2014, en raison de son état de santé, le père Michel dût renoncer à se rendre à Paris et à enseigner dans son Institut bienaimé. Ces dernières années, malgré la détérioration de son état de santé, il continue à s’engager activement dans son activité professionnelle : il rédige articles, essais, études sur le sujet de l’Ecriture Sainte, de la théologie, de la musicologie liturgique, et travaille à la systématisation de ses documents. Certains articles de ces dernières années ont été publiés, d’autres sont en cours de publication ou sont restés à l’étape d’élaboration. Le père Michel a fait don de ses archives au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou.
Le père Michel Fortounatto s’est endormi dans le Seigneur dans la soirée du 19 février a l’âge de 90 ans.

Diacre Maciej Leszczynski

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