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Homélie du Métropolite Emmanuel pour la fête paroissiale

 Homélie du Métropolite Emmanuel, de France

Cathédrale Saint Alexandre Nevsky

Dimanche 15 septembre 2013

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

Il est des figures de sainteté qui marquent profondément la conscience chrétienne par leur piété, leur désir de Dieu, le changement radical de leur vie par le repentir. Saint Alexandre Nevsky est sans nul doute l’une de ces figures qui font des saints des exemples, des intercesseurs, voire des amis dans une proximité que seule la foi est capable de porter. L’importance de Saint Alexandre Nevsky n’est pas à rappeler, car l’orthodoxie slave s’est largement placée sous sa protection au même titre que Sainte Olga, Saint Vladimir, parmi tant d’autres qui façonnent la piété et l’expérience spirituelle de l’Église orthodoxe tout entière.

Aussi, je ne peux que me réjouir d’être de nouveau parmi vous aujourd’hui à l’occasion de la fête patronale de cette magnifique cathédrale. Le lien entre une église et le saint à qui cette église est dédiée est déterminant dans la vie de la communauté qui s’y réunit. Il ne s’agit pas uniquement d’un phénomène d’affichage qui tendrait à vouloir marquer le paysage religieux de Paris d’une enclave orthodoxe. Il en va avant tout d’un programme spirituel. Le choix de Saint Alexandre n’est donc pas anodin. Il renvoie à la volonté des fondateurs de cette cathédrale de dire quelque chose de l’identité de sa communauté.

Les marques de la sainteté de Saint Alexandre Nevsky doivent aussi être les vôtres : la foi, le courage, la patience et la permanence du témoignage de l’orthodoxie dans son ouverture à la culture occidentale, ici en France et à Paris. Les leçons de l’histoire nous montrent bien que  le patronage de Saint Alexandre possède un sens profond. Il découle d’une volonté de rassemblement, de témoignage, mais aussi et surtout d’une attitude pastorale à l’égare des fidèles que les tribulations de l’histoire tout au long du 20e siècle ont obligés de quitter terre, famille, société, culture. L’exil fut le lot de nombreux peuples orthodoxes par le siècle passé. C’est encore malheureusement le cas aujourd’hui au Proche-Orient. Nous prions pour que la paix y advienne rapidement.

À l’intérieur de tels déplacements, se poursuit l’expérience originelle du christianisme slave, marqué par la figure des souffrants pour le Christ, des strastoterpsi, à l’image des frères Boris et Gleb. L’exil est une forme de souffrance qui trouve sa consolation dans le Christ, lui la source de toute consolation. De fait, les temps ont profondément changé. En ce début de 21e siècle, les besoins pastoraux ne sont pas les mêmes que ceux des années 20 ou 30 de 1900. Pour autant, la cathédrale Saint Alexandre Nevsky, votre cathédrale, continue à être le signe d’une réalité ecclésiale certes liée à une tradition liturgique particulière, je n’en disconviens pas, mais elle est en même temps le coeur d’un engagement spirituel aux multiples promesses. À mon sens, ces promesses sont en même temps des voeux. La promesse d’une fidélité au message de l’Évangile tel qu’il est porté par les célébrations liturgiques, la pratique régulière des sacrements et la prière personnelle. Je ne vous enjoins rien d’autre que ce que le Saint Apôtre Paul écrivait aux Éphésiens : “Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu, en toute humilité, douceur et patience. Supportez-vous les uns les autres avec charité, appliquez-vous à conserver l’unité de l’Esprit par ce lien qu’est la paix” (Eph.4, 1-3).

Je me réjouis tout particulièrement de voir aujourd’hui les deux communautés paroissiales réunies autour de vos prêtres célébrant d’une seule voix et d’un seul choeur la gloire de Dieu et la mémoire de Saint Alexandre. De voir les paroissiens de la crypte et de la cathédrale, comme on le dit un peu familièrement, réunis ensemble constitue un signe d’une vitalité commune, travail de l’Esprit-Saint ou les “fruits de l’Esprit” dont parle Saint Paul sont : “charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n’y a pas de loi”. (Ga 5,22-24) Non il n’y a pas de loi, si ce n’est celle de l’amour qui nous lie les uns aux autres comme nous sommes liés à Dieu. La quintessence de cet amour se déploie dans l’eucharistie. Car comme le disait l’archevêque Basile Krivochéine : “L’eucharistie, c’est le Mystère de l’amour de Dieu pour les hommes”.

Chers frères et sœurs,

L’exarchat, vous le savez, s’est engagé sur le chemin du changement dans la continuité en procédant dans les semaines à venir à l’élection de son nouvel Archevêque. Je vous l’ai déjà dit et vous le répète, il s’agit d’un événement central dans la vie de votre communauté et a fortiori de cette cathédrale, car elle demeure le siège épiscopal de votre diocèse. Je vous enjoins à prier dans l’intimité de votre coeur afin qu’à la fin du mois d’octobre et qu’au début du mois de novembre la grâce de l’Esprit se révèle et porte à la succession apostolique l’un des trois candidats. Appeler à la prière, c’est aussi appeler à pier pour la paix afin que l’unité du corps du Christ de laquelle chacun d’entre vous êtes dépositaires puissent manifester la gloire de Dieu et non exalter la faiblesse des hommes. Le chemin est complexe, difficile, souvent semé d’embuches, mais il est un teste de notre fidélité à notre foi et à notre héritage. C’est en ce sens que le Patriarcat oecuménique tient par-dessus tout à offrir le cadre le plus serein à ces élections afin qu’elles ne soient pas une lutte, un combat, mais au contraire un événement ecclésial quasi liturgique dans le respect et la dignité.

Par ailleurs, je tiens vivement à féliciter le Père Costel Popa qui vient de recevoir l’ordination sacerdotale. Je ne puis que vous souhaiter de longues années au service de l’Église du Christ et vous rappeler ces paroles du Père Isidore dans le livre du Père Paul Florensky, Le sel de la terre : “Devenir prêtre, c’est désirer monter sur la croix avec Christ”. Tel est le sens de la croix qui vient de vous être remise aujourd’hui. Vous avez donc été jugé digne de monter sur la croix avec le Christ. Axios et Mnogaya leta !

Pour finir ces quelques mots, permettez-moi de féliciter chacun d’entre vous avec la fête de la cathédrale Saint Alexandre Nevsky. Je vous invite à la joie et à l’espoir, car en citant cette phrase éternelle de Dostoïevky : “vivre sans espoir, c’est cesser de vivre.”

Que Dieu vous bénisse toutes et tous !

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