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Restauration du patrimoine iconographique de la cathédrale

Les travaux de restauration menés dans notre cathédrale depuis 2014 concernent non seulement la partie architecturale mais également le mobilier liturgique, notamment des icônes et l’iconostase. La restauration de la façade et des tours, en 2014-2015, ne pouvait pas rester inaperçue tandis que les icônes restaurées ne sont pas toujours immédiatement remarquées. Depuis quatre ans, cinq icônes de grande valeur ont été restaurées : deux icônes de la Mère de Dieu du XVIIIe siècle actuellement à l’Autel que les fidèles ne peuvent admirer qu’à l’occasion des grandes fêtes. Quant aux trois autres, nous pouvons les voir tous les jours à l’intérieur de la cathédrale. L’icône de saint Nicolas du XVIIIe siècle fut restaurée en 2017. Au printemps dernier, nous avons pu procéder au nettoyage des deux célèbres icônes de l’Ascension du Christ offertes à la cathédrale pour commémorer le miracle de l’attentat manqué sur Alexandre II, le 25 mai 1867 dans le Bois de Boulogne. SI l’icône offerte par l’empereur Alexandre II et son épouse Maria Alexandrovna est en bon état, seul le nettoyage du cadre fut nécessaire et nous pouvons toujours l’admirer sur le mur du transept sud. La couche picturale de l’icône fut restaurée, en plus du nettoyage de la riza et de son cadre, sur celle commandée en 1867, par le marguillier M.C. Masourine et qui se trouve, depuis son arrivée à la cathédrale, dans le transept nord.

Pour la restauration du patrimoine iconographique de la cathédrale, nous travaillons depuis ces années, avec Mme Célia Lacaille, une restauratrice remarquable diplômée du Master Professionnel de Conservation Restauration des Biens Culturels et habilitée à travailler pour les musées et les monuments historiques. Orthodoxe, ancienne étudiante à l’Institut Saint-Serge, sa spécialisation dans la restauration des icônes s’est faite très tôt en travaillant auprès de spécialistes à Paris, à Ekaterinbourg et en Finlande au monastère du Nouveau-Valamo.

En mai dernier, avec le souhait et la bénédiction du Monseigneur Jean, elle a commencé la restauration du niveau supérieur de l’iconostase. Ce travail demande beaucoup de connaissances, d’attention et de professionnalisme.

Notre iconostase date de la construction de la cathédrale et fut peint en 1861 par trois peintres russes : les six toiles de la rangée principale furent réalisées par Evgrav Sorokin (1821-1892). Son frère Pavel Sorokin peignit la Trinité de l’Ancien Testament du niveau supérieur. Les deux frères étaient professeurs à l’Ecole supérieure de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou et travaillèrent ensemble pour la décoration intérieure de la cathédrale du Saint-Sauveur de Moscou entre 1882 et 1883. Les six autres tableaux du niveau supérieur sont des œuvres de Théodor Bronnikov (1827-1902).

Les trois peintres furent les élèves du professeur А. Markov à l’Académie de Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg et gardèrent le même style et la même technique dans leur travail sur l’iconostase de notre cathédrale. Sur le côté gauche du niveau supérieur sont représentés les prophètes de l’Ancien Testament Moïse, David et Saint Jean Baptiste, le dernier fait une liaison symbolique avec le Nouveau Testament et les trois saints de la partie droite avec l’apôtre André, les saints Constantin et Vladimir. C’est ce niveau de l’iconostase qui sera restauré en 2018-2019.

Il faut dire quelques mots sur la technique avec laquelle travaillèrent les peintres russes. Il ne s’agit pas d’icônes traditionnellement peintes a tempera sur bois, mais de peintures à l’huile sur toile et couvertes de feuilles d’or. Des iconostases avec des toiles peintes nous semblent aujourd’hui un peu étranges. Cependant, cette technique était courante en Russie au XIXe siècle.

Les toiles actuelles ont subi d’importantes déformations depuis leur dernière restauration au début des années 1950 ce qui demande beaucoup de temps pour les remettre en état. Les altérations sont dues à une fatigue mécanique de la toile aux fluctuations hygrométriques répétées que les toiles ont subies depuis leur mise en place dans la cathédrale. Leur état esthétique est également fortement amoindri par une importante couche de poussière et de crasse due aux fumées des cierges et de l’encens ainsi que par un vernis jauni qui ne laissent plus voir la profondeur et l’éclat des couleurs.

Ces travaux de restauration sont en cour et, pour la joie de nous tous, la première toile restaurée, celle de saint Jean Baptiste, avait repris sa place en haut de l’iconostase juste avant la fête de l’Intercession de la Mère de Dieu, la deuxième, celle du Prophète et roi David, est revenue pour la fête de saint Nicolas le 19 décembre dernier, et celle du Prophète Moïse vient de compléter la partie gauche de la rangée haute. La toile de la Sainte Trinité doit partir à l’atelier de Mme Lacaille pour que nous puissions la retrouver dans toutes sa beauté pour la fête de Pâques.

Irina Oboukhova, historienne de l’art,
et
Célia Lacaille, restauratrice.

Photographies avant et après la restauration:

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